Pour un commerce, l’alarme ne sert pas qu’à dissuader : elle conditionne souvent l’assurance, et la vidéo dans un lieu ouvert au public obéit à des règles précises. Voici les offres de télésurveillance professionnelle, ce que demandent les assureurs, et ce que dit la loi sur les caméras en magasin.
En bref
- Les offres de télésurveillance pour les pros vont d’environ 32 € HT à plus de 50 € HT par mois, matériel et installation en plus selon les sociétés.
- Les contrats pros engagent souvent plus longtemps que pour les particuliers : 24 mois chez Nexecur, 24 ou 36 mois avec reconduction tacite chez Verisure.
- Votre assureur peut exiger des protections minimales, du matériel certifié NF&A2P, voire une télésurveillance pour les activités à risque : relisez votre contrat avant de choisir.
- Filmer la zone ouverte au public demande une autorisation de la préfecture, un panneau d’information, et des images gardées un mois au maximum.
- Les salariés doivent être informés, le CSE consulté, et un poste de travail ne doit pas être filmé en permanence.
Les offres de télésurveillance pour les commerces
| Offre | Prix annoncé | Installation et matériel | Engagement | Interventions |
|---|---|---|---|---|
| Homiris Pro | Essentiel 32 € HT, Intégral 41 € HT par mois | Installation 150 € HT | 12 mois minimum | Incluses en Intégral ; sinon 75 € HT sur demande |
| IMA Protect Pro | Référence 40,50 €, Performance 46 €, Excellence 52,90 € HT par mois | Frais non publiés, achat ou location | Non précisé | Incluses en Excellence, pas en Référence |
| Sector Alarm Pro | 42,90 € HT par mois | Matériel dès 899 € HT ; caméra intérieure 4 € HT par mois | 12 mois minimum | Selon contrat |
| Nexecur Pro | Dès 45 € par mois (HT ou TTC non précisé) | Non précisé sur la page actuelle | 24 mois, préavis de 3 mois | Pas de frais pour les déclenchements accidentels |
| Verisure Pro | Sur devis | Dès 199 € HT avec 36 mois ; matériel mis à disposition | 24 ou 36 mois, reconduction tacite | Interventions illimitées incluses |
Prix relevés sur les sites officiels le 8 novembre 2026. La grille Homiris Pro est datée du 1er juillet 2024 ; Homiris offre 3 mois d’abonnement pour toute souscription du 2 au 28 novembre 2026. Sector Alarm affiche un autre tarif sur sa page de prix (dès 39,90 € par mois) : faites préciser le montant sur le devis.
Ce que les assureurs demandent
Selon France Assureurs, l’assureur d’un commerce « demandera des mesures minimales pour protéger les accès », et privilégie le matériel certifié A2P ou NF&A2P. Pour les activités à risque (bijouterie, électronique, articles de sport) ou les locaux isolés, il peut exiger des alarmes certifiées, une télésurveillance avec intervention et une vidéosurveillance.
Lisez aussi les obligations d’usage : certains contrats exigent que l’alarme soit activée à chaque fermeture, qu’un contrat de maintenance soit souscrit, et que toute panne de plus de 48 heures soit signalée. Si ces conditions ne sont pas respectées, l’indemnisation d’un vol peut être refusée ou réduite.
Avant de signer un devis, envoyez-le à votre assureur et demandez par écrit s’il répond aux exigences de votre contrat (certification du matériel, de l’installateur, du centre de télésurveillance). C’est la façon la plus sûre d’éviter un refus de prise en charge.
Les points à vérifier dans un contrat pro
- La durée et la reconduction : les contrats professionnels prévoient souvent 24 ou 36 mois, puis une reconduction tacite par périodes de 12 mois.
- Le coût total : abonnement HT, installation, matériel acheté ou loué, options (caméras, interventions, gardiennage).
- Les interventions : incluses ou facturées, et ce qui se passe en cas de fausses alertes répétées.
- Les certifications : autorisation du CNAPS (obligatoire pour toute société de télésurveillance), certification APSAD du centre et de l’installateur si votre assureur l’exige.
- Le matériel en fin de contrat : chez Verisure, il reste la propriété de la société.
Caméras dans un commerce : ce que dit la loi
La zone ouverte au public
Filmer un espace ouvert au public (la surface de vente, l’entrée) relève de la vidéoprotection : il faut une autorisation du préfet, délivrée après avis d’une commission départementale, valable 5 ans et renouvelable. La demande se fait auprès de la préfecture, y compris en ligne. Les images ne peuvent pas être conservées plus d’un mois.
Un panneau doit informer le public, avec un pictogramme de caméra, le nom et le numéro de téléphone du responsable, la finalité du dispositif et la façon d’accéder aux images. Vous pouvez filmer votre façade, mais pas la rue. Depuis 2023, les commerçants particulièrement exposés aux vols ou aux agressions peuvent aussi filmer les abords immédiats de leur commerce, après information du maire et avec l’autorisation du préfet.
Les zones réservées au personnel
Les réserves et les bureaux non ouverts au public ne demandent pas d’autorisation préfectorale, mais le dispositif doit figurer dans votre registre des traitements. Aucune caméra dans les cabines d’essayage, les toilettes, les salles de pause ou les locaux syndicaux.
Les salariés
Le CSE, s’il existe, doit être informé et consulté avant l’installation, et chaque salarié informé individuellement. Filmer un poste de travail en permanence est jugé disproportionné par la CNIL, sauf risque particulier comme la manipulation d’argent : filmez plutôt la caisse que le caissier. En 2024, la Cour de cassation a admis qu’une vidéo issue d’une caméra dont les salariés n’avaient pas été informés puisse servir de preuve, mais seulement si elle était indispensable et proportionnée : ce n’est pas une raison pour se passer d’informer.
À suivre : une proposition de loi sur l’expérimentation de caméras « augmentées » contre le vol à l’étalage a été adoptée par l’Assemblée nationale le 16 février 2026 et transmise au Sénat. Elle n’était pas en vigueur à la date de cet article.
Et pour un petit local ?
Si votre assureur n’impose rien de particulier, un kit d’alarme connecté grand public peut suffire pour une petite boutique ou un atelier, avec une télésurveillance à la carte. Voir notre guide du kit alarme sans fil et notre comparatif des télésurveillances. Vérifiez quand même par écrit auprès de votre assureur que ce choix vous couvre.
Informations générales à jour au 8 novembre 2026, qui ne remplacent pas un conseil juridique ou assurantiel personnalisé.
Questions fréquentes
Faut-il une autorisation pour installer des caméras dans son magasin ?
Oui pour filmer un espace ouvert au public : l’autorisation est délivrée par le préfet, pour 5 ans renouvelables. Les zones réservées au personnel n’en demandent pas, mais le dispositif doit être inscrit au registre des traitements et les salariés informés.
Combien de temps garder les images de vidéosurveillance d’un commerce ?
Un mois au maximum pour la vidéoprotection d’un lieu ouvert au public, sauf procédure judiciaire en cours.
Mon assureur peut-il exiger une alarme ?
Oui, le contrat peut imposer des protections (alarme, télésurveillance, matériel certifié) et des conditions d’utilisation, surtout pour les activités à risque. Si elles ne sont pas respectées, l’indemnisation peut être refusée.
Une télésurveillance pro est-elle plus chère que pour un particulier ?
Les prix sont souvent exprimés HT et les engagements plus longs : comptez de 32 à plus de 50 € HT par mois selon les offres relevées, hors matériel et installation.
Sources
- Homiris : offres pour professionnels
- Homiris : tarifs professionnels (PDF)
- IMA Protect : télésurveillance pour les professionnels
- Sector Alarm : alarme pour commerces
- Nexecur : sécurité commerce et artisanat
- Nexecur : FAQ prix alarme professionnelle
- Verisure : alarme pour magasin et local commercial
- Verisure : conditions générales Pro (PDF)
- Verisure : fiche précontractuelle Pro (PDF)
- France Assureurs : commerçants et artisans, assurance de vos biens
- Légifrance : article L251-2 du Code de la sécurité intérieure
- Légifrance : autorisation de vidéoprotection (L252-1 et suivants)
- Service-public : vidéoprotection d’un lieu ouvert au public
- CNIL : la vidéoprotection
- CNIL : vidéosurveillance dans les commerces
- CNIL : être filmé en permanence à son poste de travail
- Entreprendre.service-public : preuve vidéo et salariés (Cass. soc. 14 février 2024)
- Sénat : proposition de loi sur les caméras algorithmiques dans les commerces